Machiavel ou l’Illusion Réaliste

Machiavel

L

a vision du monde qui est celle de Machiavel continue d’imposer à la majorité des esprits une philosophie de résignation fondée sur les concepts de « perversité de la nature humaine », du « caractère sacré de la raison d’État », de « vérité effective de la chose » et de « fin qui justifie les moyens ». C’est cette grille de lecture de l’évolution sociale et de la politique qui nous empêche de voir qu’il est possible aujourd’hui de débarrasser les peuples des « jeux » idiots de la guerre et de l’oppression.

L’œuvre politique de Machiavel nous concerne aujourd’hui de façon très directe parce qu’elle expose de façon claire la théorie de l’asservissement des peuples et que nous sommes toujours asservis. Les formes de notre servitude ont changé depuis 500 ans, mais les méthodes qui permettent à une infime minorité de l’imposer sont toujours les mêmes.

La liberté a sans doute fait quelques progrès. La société à deux classes — les grands et le peuple – est devenue, au moins dans les pays développés, une société à trois classes, par l’apparition de la classe moyenne. Le développement de l’éducation a réduit « le différentiel d’instruction » entre les dirigeants et les dirigés. La démocratie représentative a permis une certaine alternance du pouvoir politique. Pour les pays riches, en dépit de la rémanence du militarisme, la guerre n’est plus « la continuation de la politique par d’autres moyens » et l’idée même de conquête territoriale est devenue ridicule.

Mais nous vivons toujours sous le régime de l’argent roi. Une petite minorité, détentrice du pouvoir économique, dirige toujours le monde, et continue de transmettre sa suprématie de façon héréditaire. Le capitalisme libéral est toujours dynastique. Le complexe militaro-industriel invente toujours des ennemis et vend toujours des armes pour alimenter les conflits qui subsistent dans le tiers monde. Les inégalités n’ont jamais été aussi grandes et la misère continue d’exister pour plus des trois quarts de l’humanité. Les méthodes de « communication » utilisées par la minorité dirigeante sont directement inspirées des recettes machiavéliennes.

Détruire le « faux réalisme » qui nous empêche d’y voir clair est une tâche très urgente.
Revisiter Machiavel est un moyen d’y contribuer.

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QuoteCe livre ouvre un débat fondamental sur le sens de l’histoire, sur l’origine des forces sociales, sur le progrès moral, sur l’influence de la philosophie politique sur les croyances communes et sur les visions de l’avenir. Quote

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