Patricia Buirette

Q

uand j’ai appris le décès de Maurice Bertrand, j’ai été envahie de tristesse.

Un homme si rare.

La première fois où j’ai eu la chance de le rencontrer, j’étais un peu dans l’appréhension car j’avais lu ses ouvrages, d’une intelligence, d’une compréhension du monde et sous un éclairage qui loin d’être classique au contraire obligeait à penser autrement. De plus, ses analyses des événements ouvrent et entraînent vers une réflexion précieuse et beaucoup plus juste comme nous sommes beaucoup à le penser.

Dès les cinq premières minutes, alors que je ne l’avais jamais rencontré, j’étais tranquille et aussi heureuse de discuter avec lui et… surtout et simplement d’être là.

Un tel accueil, une telle empathie.

Dans mon livre sur le Droit international humanitaire, j’avais mentionné certaines de ses réflexions. Je me souviens de lui avoir demandé, alors, de faire un article dans le Monde diplomatique pour sa promotion. Il m’avait répondu : « Ce n’est pas vraiment possible ! Car vous me citez tellement ». Il avait raison. Nous avions ri.

Cette gentillesse, intelligence et simplicité, je les garde au plus profond de moi et je ne les oublierai jamais.

Des moments comme cela réconcilient pour un instant avec le monde.

Les grands sont humbles.

Patricia Buirette
Professeur émérite de droit international et humanitaire des Universités de Paris