70ème anniversaire de l’ONU et 70 ans d’erreurs…

ONU

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éfléchir un peu plus que d’habitude, à l’occasion d’un anniversaire décennal, aux causes structurelles de la faiblesse de l’ONU, et d’une façon plus générale à celles du système de relations internationales n’est sans doute pas un exercice inutile, même si ceux qui l’ont précédé n’ont pas abouti à des résultats très satisfaisants. La confusion mentale qui règne aujourd’hui au sujet de ce que l’on appelle « le processus de mondialisation », et donc sur la forme possible et souhaitable d’un système de gouvernance planétaire, ne sera pas dissipée facilement ni rapidement. De patients efforts seront évidemment nécessaires. Quelques remarques sur les méthodes suivies jusqu’ici et sur celles qui peuvent avoir quelques chances de protéger des risques majeurs et de progresser vers des réponses satisfaisantes ne sont donc peut-être pas inutiles.

Maurice Bertrand
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Contribution à une réforme de l’ONU

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apport sur la réforme de l’ONU, présenté en octobre 1985, dans le cadre des travaux du Corps Commun d’Inspection des Nations unies (Joint Inspection Unit. JIU.). Selon le statut de ce Corps, ces rapports sont signés par leurs auteurs, et soumis, avec les commentaires du Secrétaire Général de l’ONU, et des chefs d’Agence concernés, à l’approbation de l’Assemblée Générale. Ce rapport proposait quelques réformes qui auraient pu accroître l’efficacité de la coopération internationale dans les domaines économique et social. Bien qu’approuvé par de nombreux esprits, il a été rejeté par des chefs d’institutions qui ne souhaitaient pas voir modifier leurs pouvoirs. De toute manière, en 2010, l’ONU et son système demeurent irréformables.

Maurice Bertrand
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Mondialisation politique et utopie

PaixL

e plus beau rêve de l’humanité, et sans doute le plus grand, celui de la paix entre tous les êtres humains, est considéré comme utopique par la majorité des esprits. Le mot « utopie » signifie « objectif non réalisable dans un avenir prévisible », ou de façon plus catégorique, « non réalisable du tout ». Tout dépend donc de ce qui est admis comme étant « la réalité ».
Il est aujourd’hui essentiel d’être considéré comme « réaliste », si l’on souhaite être pris au sérieux. Ceci signifie qu’il faut penser qu’il est sans doute possible de faire des efforts pour éviter les guerres — les organisations mondiales et régionales témoignent en ce sens —, mais que si l’on veut être efficace, il faut toujours « préparer la guerre pour avoir la paix. »
Cette croyance, qui est celle de la très grande majorité des acteurs politiques et des politologues, est fondée sur une certaine vision de l’histoire (« il y a toujours eu des guerres, il y en aura donc toujours ») et sur une philosophie de la « nature humaine », avide, perverse et vaniteuse, qui contraindrait périodiquement au recours à la violence collective. Il en résulte que le monde changerait sans doute, grâce au progrès techno-économique, mais qu’il serait ridicule de croire à la possibilité d’un progrès moral.

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Pour un renouveau de la politique étrangère de la France

DiasporiqueL

a politique étrangère de la France présente aujourd’hui trois caractéristiques inquiétantes:
Elle n’intéresse guère les Français. Le chômage, le financement de leurs retraites, le montant de leurs salaires, la sécurité dans la rue, les problèmes posés par l’immigration les préoccupent davantage. Et ils pensent que tout cela ne relève que de la politique intérieure. Ils laissent aux diplomates le soin de soutenir « l’intérêt national » — la conquête de marchés d’exportation, l’usage de la langue française, la « grandeur » de la France —, et aux militaires celui de s’occuper de la défense du territoire.

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L’ONU est-elle réformable ?

Logo IDRPL

’histoire des tentatives de réforme de l’ONU démontre amplement que cette institution n’est pas réformable, et que le seul espoir d’établir un système capable de construire la paix à l’échelle planétaire ne peut se trouver que dans l’établissement d’une nouvelle institution. L’ONU ne suscite certes pas l’enthousiasme, mais elle tend aujourd’hui à être prise au sérieux, comme un élément important des relations internationales. Critiquée aux Etats Unis pour n’être pas assez docile, elle est considérée dans la « vieille Europe » comme une organisation irremplaçable à l’heure de la mondialisation, comme un forum politique certes imparfait mais non remplaçable, comme un instrument de paix grâce au déploiement de ses casques bleus dans de nombreux pays, et même comme un acteur indépendant capable de s’opposer aux excès de la politique extérieure américaine ou de la politique raciste du gouvernement français.

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L’ONU, quelles réformes pour quel avenir ?

Forum pour nouvelle Gouvernance MondialeL

’ONU fait l’objet de nombreuses critiques aujourd’hui. Fustigée, décriée, l’organisation qui a été porteuse de nombreux espoirs est aujourd’hui maltraitée. Si la littérature prolifère à son sujet ce n’est non pas pour en faire l’éloge, mais pour pointer du doigt ses faiblesses, jusqu’à remettre en cause son existence même. Comment en est‐elle arrivée là ? Ces reproches sont‐ils justifiés ? Quelles réformes sont nécessaires ? Quel avenir pour l’ONU ? Faut‐il effectivement la supprimer ? En traitant de différents thèmes, ce dossier de fiches permet d’apporter quelques éléments de réponse.

La fiche n° 15 est rédigée par Maurice Bertrand.

L’ensemble du rapport du Forum pour une nouvelle Gouvernance Mondiale est téléchargeable à la fin de l’article.

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Les leçons des erreurs d’une réforme manquée

Bruylant-BruxellesE

n ce début d’année 2007, il reste vraiment peu de chose des projets de réformes de l’ONU proposées par son Secrétaire général eu 2005 et 2006 et soutenus par nombre d’États membres. La réunion de plus de 150 chefs d’État et de gouvernements du 14 au 16 septembre 2005 a renvoyé à plus tard la réforme du Conseil de Sécurité, et a adopté une déclaration finale (1) qui est nettement en retrait par rapport à la Déclaration du Millénaire, en l’an 2000. Aucun engagement précis n’a été pris, ni aucune réforme adoptée, en dehors de la suppression de quelques articles périmés de la Charte (la mention « d’État ennemi » et le chapitre X III sur la Tutelle), et de la création d’une Commission de consolidation de la paix, qui ne reçoit aucune promesse de ressources financières pour accomplir ses missions. Tout le reste gestion du Secrétariat, droits de l’homme (2), aide publique au développement ne fait l’objet que de recommandations de mieux faire, ne comportant aucune mesure précise, dans le style habituel de ce genre de résolution. L’histoire de cet échec devrait permettre d’en dégager quelques leçons.

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De l’Europe apaisée à l’Europe pacifiante

HérodoteL

es idées sur les problèmes de sécurité internationale sont aujourd’hui dans un état de grande confusion. Le sujet n’intéresse guère l’opinion publique dans les pays développés, sauf dans les périodes de tension. La « défense nationale » reste un devoir sacré, même si l’on sait qu’il n’existe plus de menaces d’invasion, et si la conscription a été supprimée. Les citoyens ne savent plus très bien à quoi servent les armées, mais ils croient savoir que les menaces sont imprévisibles. On ne sait jamais : il vaut mieux ne pas baisser la garde. Sans doute sait-on que les appareils militaires coûtent très cher, contribuent à alourdir les impôts, mais nul ne veut passer pour « mou en matière de défense », et les armements performants suscitent toujours quelque fierté nationale. En France, les revues du 14 juillet entretiennent toujours le patriotisme. Sans doute sait-on que les conditions de la sécurité internationale ont profondément changé. La construction de l’Europe a transformé ce continent en zone de paix. L’idée d’une guerre entre pays développés est devenue difficilement admissible. La décolonisation a, à peu près, terminé le découpage territorial du monde. Les frontières ne se déplacent plus.

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L’ONU et la sécurité collective dans l’après-guerre froide

Cahiers FrançaisM

algré le bouleversement des données stratégiques dû à la disparition de l’Union soviétique et à la fin de la Guerre froide, la priorité en matière de sécurité continue d’être donnée aux alliances classiques, ce qu’atteste le renforcement de l’Alliance atlantique.

Pareil choix n’est évidemment pas sans effets sur le rôle dévolu à l’ONU pour la prévention et le règlement des conflits. Après une courte période où la communauté internationale a pu paraître, conformément aux principes fondateurs de la Charte de San Francisco, acquérir enfin une capacité d’intervention au service de la paix, de sévères déboires ont marqué plusieurs interventions onusiennes et, en 1999, lors de la guerre du Kosovo, l’OTAN a procédé aux bombardements sur la Serbie sans l’aval du Conseil de sécurité.

Pour Maurice Bertrand, la conception d’une sécurité collective fondée sur la seule puissance des armes est illusoire. L’avènement d’un monde plus pacifique exige une politique planétaire en faveur du développement des pays du Sud et des droits économiques et sociaux de leurs populations.

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L’ONU et la sécurité à l’échelle planétaire

Politique EtrangèreÀ

l’heure où les Européens tentent de définir leur politique de sécurité et de défense commune, comment peut-on évaluer les limites du système de sécurité onusien ? Est-il nécessaire d’en définir un nouveau ? Face aux prétentions hégémoniques américaines qui tendent à instrumentaliser l’ONU et à la déposséder de ses responsabilités, l’Europe a effectivement un rôle à jouer. Mais cela suppose de se débarrasser d’un certain nombre d’idées fausses sur l’institution onusienne. Il s’agit en fait de dépasser une conception archaïque faisant de l’imprévisibilité des crises, et du recours concerté à la force par les grandes puissances les fondements du système de sécurité collective. Maurice Bertrand plaide ainsi pour la mise en place d’une politique systématique de prévention des crises qui utiliserait un canal plus économique que militaire.

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