Critiques et propositions

Pour une organisation mondiale de troisième génération

Le Monde DiplomatiqueQ

uarante ans après la création de l’ONU, il est certainement nécessaire d’entreprendre une réflexion approfondie sur le type d’organisation mondiale dont le monde moderne a besoin. L’échec de la Société des Nations (SDN) a été éclatant. Celui de l’ONU et de son système d’organisations est moins évident, parce que leur bilan n’est pas entièrement négatif. Pourtant, l’accroissement de frustrations d’une opinion dont les sondages révèlent qu’elle croit au caractère indispensable de l’ONU, mais pense que son efficacité est très insuffisante, montre la direction à suivre : mettre en chantier une organisation mondiale de troisième génération.

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La politique de recrutement des fonctionnaires de l’ONU

Colloque Aix en ProvenceI

l ne fait aucun doute que l’ONU devrait avoir une « politique de recrutement » pour les fonctionnaires de son Secrétariat, si l’on entend par cette expression un ensemble cohérent de méthodes destinées à garantir, comme la Charte elle-même le demande « les plus hautes qualités de travail, de compétence et d’intégrité », tout en prenant en considération la nécessité de recruter « sur une base géographique aussi large que possible ». Malheureusement, une telle politique n’existe pas. Dans le champ des forces qui jouent pour et contre son établissement, les forces négatives sont si puissantes qu’il est surprenant que quelques progrès aient pu être faits malgré elles. À vrai dire ces progrès récents, quoique modestes, représentent un paradoxe qu’il est nécessaire d’expliquer.

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Peut-on réformer les Nations Unies ?

ONU
L

es critiques relatives à la mauvaise gestion de l’ONU et de quelques-unes des organisations de son Système ont acquis la dimension d’un phénomène politique ; elles sont de plus en plus nombreuses et précises ; elles proviennent essentiellement des médias des principaux pays occidentaux et des gouvernements de tous les pays riches y compris l’URSS ; surtout, elles s’accompagnent depuis deux ans environ de mesures de rigueur financière et de décisions ou de menaces de retrait. Si le départ des États-Unis de l’UNESCO n’était que le prélude d’autres mesures du même ordre, l’existence même des organisations mondiales serait mise en question.

Ce texte écrit en 1985 reste toujours d’actualité.

Maurice Bertrand

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The Future of International Organizations

R

eflections on the future of the international organizations are a subject which is apparently becoming fashionable, the reason quite obviously being that their very existence seems to be threatened or called into question. What in particular has brought the phenomenon into the limelight is the attitude of the United States Government. By deciding to withdraw from UNESCO at the end of the current year 1984; by intimating that a similar policy might be adopted in the near future in respect of UNCTAD; by reducing the level of its participation in the various voluntary funds; by trying to persuade its Western allies not only to put a stop to increases in the budgets of all the world-wide organizations, but also to adopt a political line similar to its own at the other levels, the United States Administration has indicated quite clearly that it does not see any bright future for the organizations within the United Nations system if they continue to act or to evolve as they do at present.

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L’avenir politique et institutionnel des organisations internationales

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es organisations internationales traverseraient aujourd’hui une crise grave marquée par le blocage du dialogue Nord-Sud, l’incapacité de plus en plus grande des Nations Unies à contribuer à la sécurité internationale, une tendance croissante à limiter ou à réduire les budgets, l’essoufflement de la construction européenne, l’absence évidente de dynamisme des autres organisations régionales, etc. L’histoire de ces organisations pourrait se résumer assez bien par l’expression « grandeur et décadence ». Elles ne pourraient acquérir des structures nouvelles, ni avoir quelque efficacité pendant une certaine période, qu’à l’occasion des phénomènes d’émotion collective tels que ceux qui ont été provoqués par les deux dernières guerres mondiales, comme le montreraient la création de la SDN en 1919 puis celle de l’ONU en 1945, suivie, avec quelque effet retard par celle de la Communauté Européenne, dans les deux étapes de 1951 et 1957.

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La crédibilité des Nations Unies

Le MondeL

a crédibilité de l’ONU et des organisations qui lui sont rattachées n’atteint pas dans les pays développés et en particulier en France, un niveau très élevé. Si l’on n’en n’est plus au mépris que le Général de Gaulle manifestait en parlant du machin, on parle volontiers d’impuissance, de verbalisme, de bureaucratie et d’inefficacité. Tous les plaidoyers en faveur de l’organisation mondiale, surtout s’ils sont nourris de bons sentiments, se heurtent à un mur de scepticisme et de pessimisme. Il est tout à fait contraire à la mode de croire à l’ONU.

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Les fonctions du système des Nations Unies

LogoL

‘image des Nations unies et des organisations de son système est aujourd’hui assez caricaturale pour alimenter la théorie de la « crédibilité limitée » à la mode. En raison de son appartenance au Corps commun d’inspection, cette petite institution indépendante, créée en 1968 à la suite des réflexions entraînées par la crise du Congo et devenue un organisme doté de pouvoirs d’investigation très larges, l’auteur propose un diagnostic moins brutal.
Il faut d’abord tenir compte de la nature de la mission confiée aux organisations des Nations unies, « mission impossible » qui consiste à tenter d’accélérer et de contrôler l’intégration de la société mondiale. Les types de fonctions assurées varient suivant le degré d’intégration de cette société. Les forces qui jouent et qui assurent la dynamique des organisations sont essentiellement celles du tiers-monde et une opinion publique mondiale qui se constitue lentement. La problématique des « stratégies internationales » comprend des plans de réforme audacieux. Mais, le seul moyen d’action dont on dispose pour les faire appliquer ce sont les mots, si bien que le phénomène de « conceptualisation » joue un rôle fondamental. Les pays riches luttent contre ces tentatives en limitant le budget des organisations et en répandant à leur sujet une idéologie réductrice. L’enjeu du débat est à la fois l’élargissement de la problématique mondiale et l’avenir des organisations.

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